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Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

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Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

Message par Saryanea le Jeu 8 Sep - 20:13

SARYANEA SYLVE
Saryanea est née à Fondcombe, à une époque pas si lointaine que ça. Petite elfe turbulente, amoureuse des animaux, puis jeune elfe curieuse de tout, elle vit un jour arriver un grand monsieur à chapeau pointu. Le bombardant de question, il finit par lui répondre que si elle était si curieuse que ça, elle n'avait qu'à aller voir par elle-même.
Alors Saryanea mit son sac sur le dos et partit sur les grands chemins, en disant à ses parents qu'elle allait faire "une petite ballade".
Ca fait bien quarante ans qu'elle se ballade et qu'elle n'est pas revenue à Fondcombe...
Par contre elle a appris à danser sur les tables et à fumer la pipe; le vieux monsieur en gris lui avait dit que c'était une expérience à tenter. Puis elle a rencontré les Aigles, et s'est dit que, décidemment, la vie était plus amusante avec eux qu'à Fondcombe!



THANDRIN PIEDLEGER
Thandrin était un apprenti orfèvre au Palais de Thorin. Le jour où il passa sa maîtrise, si les maîtres applaudirent son chef d'œuvre, la fille de son Maître choisit d'épouser son rival, lui fermant la succession au poste de chef d'atelier, et ce après avoir bien joué avec lui, lui brisant le cœur.
Furieux, il choisit de tout plaquer pour partir sur les routes avec son luth et son arc.
Escortant une caravane en Forochel, il y fit un long séjour et devint ami des Lossoths en leur faisant découvrir son vaste répertoire musical, et surtout sa voix de haute-contre.
De retour dans les vertes contrées, il se fit barde et camelot itinérant, vendant les colifichets et manches de couteaux ornés qu'il taillait.
Ayant croisé les Aigles en cours de route, il s'y intégra de bon cœur, retrouvant le plaisir de viser chopine sur chopine jusqu'à danser en chantant sur les tables, et de faire ripaille en bonne compagnie.


Biographie, pour ceux qui veulent lire plus:


Le bruit du marteau frappant le métal retentissait à travers la vaste pièce, rebondissant sur les murs de pierre, parvenant jusqu'à l'atelier où officiait un jeune nain, concentré sur les repousses qu'il effectuait sur une broche. Sis à côté des hautes forges du Palais de Thorin, l'atelier des joailliers regroupait les meilleurs orfèvres du peuple de Durin, ainsi que leurs élèves. Depuis quatre ans maintenant, Thandrin était l'apprenti de Maître Boru, apprenant à tailler les pièces les plus fines dans une grande variété de métaux et à sertir les gemmes qu'il affinait lui-même.
A l'établi à côté du sien, Kifli achevait la broche qu'il était en train de tailler. Egalement apprenti de Boru, il était le rival de Thandrin, tant pour devenir le meilleur joaillier et espérer reprendre la place de leur maître, que pour courtiser la fille de ce dernier, la belle Gretha. Thandrin en était tombé amoureux au premier regard, faisant de son mieux pour lui plaire, lui offrant présents et chansons ; pour elle, il avait appris à gratter le luth, souriant comme un benêt sous ses compliments élogieux.
Mais Kifli semblait bien avoir lui aussi les faveurs de la belle.
Boru, d'abord amusé par ce qu'il appelait leur « jeu », commençait à trouver qu'il durait depuis trop longtemps ; ses apprentis avaient quasiment achevé leur formation et méritaient le grade de maître, aussi leur avait-il confié la réalisation de leur chef d'oeuvre, une pièce maîtresse qu'ils présenteraient aux maîtres joailliers afin de prouver la qualité de leur travail. Par la même occasion, il sommait Gretha de choisir entre ses deux soupirants. Celui qui aurait l'heur d'être choisi pouvait espérer reprendre la succession de Boru à la tête de son atelier. Les deux nains transpiraient, les yeux piquants et rougis, le front barré d'une ride de concentration ; finalement, ils reposèrent leurs outils, époussetèrent leur œuvre et la montrèrent aux maîtres présents et à Gretha qui était venue assister à leur promotion au rang d'artisan.
Thandrin posa sur un carré de velours la fibule en or repoussé, représentant une biche en plein bond, il avait dessiné jusqu'au détail des muscles, le museau d'une grande finesse et l'oeil rehaussé d'une minuscule aigue-marine. On aurait juré que l'animal allait prendre vie et jaillir de l'arrondi qui le contenait pour s'échapper.
Kifli avait quant à lui donné à sa broche la forme d'une rose épanouie, incrustée de pierres semi-précieuses le long de ses pétales, comme si la rosée perlait sur la fleur.
L'on acclama et félicita le travail des deux apprentis ainsi que le talent de leur maître, compliments et éloges fleurissaient, mais cela n'intéressait que peu Thandrin ; Gretha contemplait les broches, pensive, effleurant l'une, puis l'autre, hésitante. Le coeur du jeune nain battait la chamade, allait-elle accepter sa demande ? Il avait tant fait pour elle, cédé à tous ses caprices, la veille encore elle l'assurait de ses bons sentiments envers lui…
Mais les doigts de la belle se saisirent de la rose qu'elle agrafa à son manteau, souriant à pleines dents tandis que Kifli, aux anges, la prenait par la main. Un poing glacé enserra la poitrine de Thandrin, ses rêves, ses espoirs s'écroulaient sous les rires des deux fiancés ; Kifli reprendrait l'atelier, épouserait Gretha, mais lui, que lui restait-il ? Sonné, il ne suivit pas les autres lorsqu'ils sortirent rejoindre la demeure de Maître Boru où se tiendrait le banquet. Il restait seul, les bruits des forges lui parvenant depuis l'autre bout du palais, sa broche piteusement abandonnée sur son carré de velours. Il la ramassa tendrement, caressant la biche, incapable de prendre une décision.

« Et bien Thandrin, que fais-tu ?
Se retournant, il vit Kifli adossé à la porte, souriant d'un air suffisant.
« Ah je sais, c'est difficile n'est-ce pas mon pauvre ami ? J'avais bien essayé de te prévenir que tu n'avais aucune chance… Mais tu n'as pas tenu compte de mes conseils… Enfin ne t'en fais pas , je te garderai une place de commis dans mon atelier…
Thandrin ne s'emportait que rarement, mais le ton condescendant de son rival, ses railleries à peine déguisées, le mirent hors de lui. Lui assenant un violent coup de poing au menton, il lui cracha au visage « Plutôt devenir chien errant que d'accepter pareille offre ! »
Serrant sa broche dans son poing, il partit à grand pas, droit vers sa demeure.


Thandrin habitait une petite maison traditionnelle naine dans le quartier résidentiel ; il y vivait seul depuis trois ans, après le décès de ses parents, l'un tué au cours d'une chasse à l'ours, l'autre emportée par une mauvaise fièvre. Sur une table basse était posé un portrait représentant un couple de nains, souriant, un bébé dans les bras. La femme était aussi rousse que Thandrin, mais l'homme lui ressemblait de façon frappante. Ils n'étaient que de modeste nains, son père soldat et sa mère tisserande, mais ils s'étaient saigné aux quatre veines pour offrir le mieux à leurs enfants, permettant à Thandrin de devenir l'apprenti d'un excellent orfèvre et à sa sœur Thandra de faire un beau mariage.
Un sac de voyage à demi-rempli gisait déjà sur le lit, à côté d'un luth, on entendait les grommellements inintelligibles de Thandrin sortir d'une armoire ; hésitant sur le pas de la porte, une naine à la crinière flamboyante le regardait emplie de pitié.
« Grand frère ? Que fais-tu ?
Enfournant quelques chemises dans son sac, il lui répondit
« Je pars.
« Mais tu ne peux pas faire ça… Que vas-tu devenir ?
« Je n'en sais rien mais il est hors de question de rester ici !
« Et ta place d'artisan ? Si tu pars tu vas tout perdre !
« J'ai déjà tout perdu, Thandra ! Gretha va épouser Kifli, tout ce que je peux espérer c'est une place d'employé, il est illusoire d'espérer diriger mon propre atelier ! Je préfère encore partir que vivre cette humiliation !
« Mais…
« Comment veux-tu que je regarde encore ces nains dans les yeux ? Après m'être fait berner par cette garce ? Ah ! Elle s'est bien joué de moi !
Le jeune nain fulminait, ses yeux brillants de colère contenue, serrant et desserrant les poings ; il assena un grand coup dans le mur, indifférent à la douleur.
« J'ai été tellement niais, tellement stupide ! Kifli avait raison je n'avais pas la moindre chance ! Peu importe mon talent je ne suis que le fils d'un soldat ! Un moins que rien !
Il ne vit pas venir la mandale que sa sœur lui asséna, lui claquant le tympan. Sonné il la regarda en se tenant la joue ; les oreilles de Thandra avaient viré au rouge écarlate et ses yeux s'étaient assombris.
« Sombre crétin ! Comment peux tu dire des fadaises pareilles ? Je vais te botter le joufflu jusqu'à ce que tu reviennent à la raison !


Cela faisait longtemps qu'elle ne lui avait pas flanqué une raclée pareille. Sa petite sœur était encore plus teigneuse que lui, sans doute pour compenser sa petite taille, même pour une naine. Thandrin se tenait les côtes et la face, saignant du nez et le souffle coupé après un coup vicieux à l'estomac. Le coup de grâce ne se fit pas attendre et il finit au sol avec une bosse à l'arrière du crâne.
« Thandra c'est pas juste ! Je ne peux pas te frapper !
« Tu l'as cherché, tête en pierre !
Se relevant, Thandrin, calmé, continua à remplir ses sacoches.
« Par la barbe de Durin, que fais-tu ?
« Tu le vois. Je n'ai pas changé d'avis. Je pars Thandra, je ne veux pas rester ici, je ne peux pas ! Je vais partir avec les caravanes marchandes, voyager, et qui sait ? Je pourrai peut-être m'installer comme orfèvre dans une autre ville ?
« Mais, grand frère…
« Rentre chez toi. C'est le mieux que tu puisses faire. Je te remercie pour tout, petite sœur, mais ma décision est prise.


Désespérée, sa belle-famille tenta de le raisonner, mais rien n'y fit et, cinq jour plus tard, Thandrin prenait la route, le coeur en miette et l'esprit enflammé. Il n'était pas qu'un joaillier, il avait appris à se battre et à chasser, et au pire il apprendrait sur le tas ! Les caravanes marchandes étaient toujours en quête d'escorte et il pourrait voyager en échange de ses services. C'était bien loin de la vie paisible que ses parents avaient rêvée pour lui, mais cette voie était désormais bouchée ; son coup de sang et la mâchoire cassée de Kifli lui avaient causé trop de préjudice pour qu'il puisse espérer se faire embaucher par l'un des maîtres et faire carrière. Le père de ce goret velu avait de l'influence, et les quelques démarches que son beau-frère avait entamées pour tenter de l'aider s'étaient soldées par des échecs ; on lui reconnaissait un certain talent, mais personne n'avait besoin d'un nouvel employé, comme par hasard…
Le palais de Thorin disparu au tournant de la route, le vent frais de cette fin d'automne charriait déjà l'odeur des premières neiges. Il ne faudrait pas qu'il tarde à trouver un endroit où hiberner, à moins qu'il ne parvienne à intégrer une caravane. Voyager seul en plein hiver était de la folie.
Il abattit une grande distance sur la journée, marchant d'un pas rapide, celui qu'il adoptait quand il partait chasser avec son père et son oncle, autrefois. A la nuit tombante, il s'abrita dans une grotte, allumant un feu pour se réchauffer et repousser les prédateurs. Il était bien loin du confort de sa maison, mais le froid et la pierre glacée n'entamèrent pas sa résolution. Un nain est têtu, bien plus que les chèvres qu'ils chevauchent.
Le feu finit par devenir braises rougeoyantes, le nain dormait enroulé dans son sac de couchage. L'on entendit crisser les pierres à l'entrée de la grotte, des ricanements étouffés sortant de la nuit ; une bande de gobelins en maraude se voyant déjà festoyer autours des restes du courtes-jambes investit la caverne. Lorsqu'ils furent à deux pas de Thandrin, celui-ci se retourna assena un coup de massue dans les genoux du gobelin le plus proche avant de lui fendre le crâne. Debout, une masse et une dague dans chaque main, un rire aux lèvres, il se rua sur les gobelins, fracassant membres et crânes, jusqu'à ce qu'il soit l'unique survivant, le cuir à peine entamé par les épées de ses adversaires. Riant de soulagement, il détroussa les cadavres, récupérant quelques piécettes qu'ils avaient du trouver sur les corps de leurs dernières victimes avant de reprendre sa route avec le soleil levant, confiant en ses capacités de guerrier, certain d'avoir pris la bonne décision.

Au bout de quelques jours, il croisa une caravane marchande remontant vers le Nord. Leur chef, un nain bourru répondant au nom de Feri, lui proposa de l'embaucher pour les accompagner jusqu'au Forochel.
« Forochel ? Où est-ce que ça se trouve ?
« Au nord, courtaud, loin vers le nord. Zigilmund est notre destination, une antique cité naine où nous pourrons commercer avec les Lossoths et rapporter fourrures et défenses sculptées, à revendre à bon prix.
N'ayant rien de mieux à faire, Thandrin accepta.
La caravane avançait lentement, tirée par des bœufs à poils longs adaptés au climat glacial du grand nord. Traversant les montagnes, ils franchirent le dédale de cols qui devait les conduire jusqu'à leur destination ; Feri n'empruntait pas la passe au nord d'Evendim, préférant passer par un chemin moins connu et un peu plus long mais qui lui évitait un grand détours en partant du territoire nain.
Les jours raccourcissaient et les nuits s'allongeaient ; la vie de la caravane était parfaitement réglée, un rituel immuable que seuls perturbaient les attaques de quelques prédateurs et d'une ou deux bandes de gobelins plus hardis que les autres. Thandrin appréciait cette vie rude mais gratifiante, son luth résonnait chaque soir pour le plus grand plaisir de ses compagnons et son arc leur ramenait souvent de la viande fraîche.
Finalement, ils débouchèrent au détour d'un col étroit sur les étendues glacées du Forochel ; de la neige et des monticules de glace à perte de vue et, au loin, l'océan où se reflétait les étoiles, à peine agité d'une petit houle. Cela faisait plusieurs jours déjà que le soleil ne se levait plus, ils étaient remontés trop haut au Nord. Alors qu'ils descendaient la montagne, le ciel s'illumina de vert et de rose, une immense draperie s'agitait dans les airs ; bouche-bée, Thandrin admirait le spectacle : il n'avait jamais rien vu d'aussi beau…
L'aurore boréale éclaira leurs pas pendant un long moment avant de s'estomper. Ils arrivaient en vue de Zigilmund, où les attendait un lit confortable, un repas chaud et des visages accueillants, ceux des nains qui s'étaient installé ici, tentant de faire revivre l'antique cité.


Les Lossoths étaient un peuple brave et farouche, peu ouvert aux étrangers. Il était difficile de nouer contact avec eux. Pourtant, Thandrin était curieux d'en apprendre plus sur ces gens, sur leur art et leur culture. Il se servit de son luth pour les amadouer, égrenant les notes qu'il accompagnait parfois de sa voix de haute-contre. Une voix si cristalline sortant de la poitrine d'un nain doté habituellement d'une magnifique voix de basse ne manqua pas de susciter l'étonnement, lui attirant un vaste public. Il se mêla ainsi aux autochtones, à tel point qu'il ne repartit pas avec la caravane quand ils reprirent la route, leur donnant rendez-vous l'an prochain.
Pendant les mois qu'il passa en Forcohel, il apprit les chants traditionnels lossoths, partagea son savoir avec leurs artisans tandis qu'en retour ils lui enseignèrent à travailler l'ivoire et l'os. Petit à petit, son amertume et sa nostalgie du Palais de Thorin s'envolèrent.
Quand la caravane de Feri revint l'année suivante, il fit ses adieux à ses amis et retourna vers le sud, désireux de visiter la Terre du Milieu. Il se sépara de ses compagnons de route à un carrefour, partant vers l'est tandis qu'ils regagnaient les terres naines. De ville en ville, offrant ses services comme mercenaire ou comme troubadour dans les auberges, il errait au hasard des routes, renonçant à se fixer où que ce soit ; grâce au savoir faire que lui avaient transmis les artisans lossoths, il pouvait vendre colifichets et manches de couteaux sculptés pour arrondir sa bourse.
Devant lui se dressaient les murailles de Bree ; il resterait quelques jours au Poney Fringant avant de reprendre sa route, la bière y était bonne et l'accueil chaleureux, nul doute qu'il y ferait recette. Puis il repartirait, à nouveau vers l'Est. Il avait entendu des rumeurs sur une compagnie naine souhaitant reprendre la Moria, il pourrait les rejoindre, ce serait bon d'être de nouveau entouré de nains.

Finalement, au lieu de prendre la route de la Moria, il prit celle du nid des Aigles; il préférait rester avec ces gais compagnons plutôt que risquer d'être déçu, et mettre ses talents à leur service....


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Re: Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

Message par Derfimli le Jeu 15 Sep - 0:22

Pour Thandrin de sa blessure
vinrent de grandes aventures.

Mais que devint la broche ?
Que fut l'avenir de la biche ?

D'un nid à Khazad Dum, gageons
Qu'il en fit une chanson !



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Re: Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

Message par Saryanea le Ven 23 Sep - 22:21

Hou-hou! En réponse à l'appropriation de mon personnage par Ristaag, j'ai copié son principe en racontant les petites mésaventures de Saryanea... qui paraitront dans l'ordre et dans le désordre, de façon totalement irrégulière^^


Le quotidien de l'Elfe Paillarde:






L'Elfe était vautrée à une table, à demi allongée dessus, coincée entre un nain rond comme une barrique et un hobbit guère moins ventru, une chope de bière mousseuse à la main, le regard brumeux. Se redressant brusquement, elle la vida d'un coup, laissant échapper un rot sonore qui firent rire ses camarades de beuverie.
Le nain lui passa un bras autours des épaules, lui soufflant son haleine avinée au visage :
- Cha ch'est une belle -hic- fête… hein ÇaN'aRienA Suivre…
Il avait laborieusement détaché les syllabes du nom, déjà fort écorché, de sa voisine de table.
- C'est Saryanea Sylve, Ori…
- OUAIS ! ÇaN'aRienA Suivre !
Le gros nain agitait sa chope en tout sens, menaçant de s'effondrer au sol en entraînant l'Elfe avec lui. Celle-ci poussa un soupir, repoussa une mèche noire qui lui barrait la vue et coinça la tête du hobitt sous son bras.
- Alors Odon, ça va ?
Riant comme un benêt, il vida sa chopine et accompagna le mouvement de va et vient que leur imposait Ori en entamant une chanson à boire, bientôt rejoint par une voix cristalline et un son qu'on aurait juré sorti d'un gigantesque cor.



Goûtons voir si le vin est bon !

Goûtons voir, oui, oui, oui !

Goûtons voir, non, non, non !

Goûtons voir si le vin est bon !




S'il est bon, s'il est agréable

J'en boirai jusqu'à mon plaisir !

J'en boirai cinq à six bouteilles,

Une femme sur mes genoux !




Pan, pan, pan, qui frappe à la porte ?

Je crois bien que c'est mon amie.

Si c'est ell', que le diable l'emporte,

De venir troubler mon plaisir.




Si je meurs, je veux qu'on m'enterre,

Dans un'cave où y a du bon vin.

Les deux pieds contre la muraille,

Et la têt'sous le robinet.




Et les quatre plus grands ivrognes,

Porteront les quatr'coins du drap.

Et si le tonneau se débonde,

J'en boirai jusqu'à mon loisir.




Et s'il en reste quelques gouttes,

Ce sera pour vous rafraîchir.

Sur ma tomb', je veux qu'on inscrive :

« Ici gît le roi des buveurs. »









Alors qu'ils entonnaient avec entrain le refrain, un aubergiste armé d'un balais à frange les fit dégager, leur annonçant qu'on fermait et que les voyageurs aimeraient bien dormir…
Pestant et titubant, nos trois ivrognes partirent chanter dehors, se tenant les uns aux autres ; c'est à dire que le nain et le hobbit enserraient l'Elfe par la taille tandis que celle-ci s'appuyait sur leurs épaules. Ils finirent par tomber dans un tas de foin près de l'écurie, éructèrent quelques paroles sans suite et sombrèrent dans un profond sommeil. Aucun d'eux ne fit attention à l'énorme forme sombre couchée de l'autre côté de la botte de foin qui se redressa, se retourna avant de se laisser tomber contre eux en poussant un soupir-grognement de satisfaction…



Le lendemain matin, quelques voyageurs pressés de reprendre la route étaient venus récupérer leurs montures, mais trouvèrent le chemin barré par trois ivrognes cuvant dans le foin. D'un ton mauvais, l'un des hommes s'écria :
- Sortez de mon chemin, manants !
Devant l'inertie béate de ceux qui dormaient du juste sommeil du soiffard, l'homme empli de colère et de dégoût botta le fessard le plus rebondit du lot, iceberg recouvert de fourrure qui émergeait du tas de foin. S'éleva alors un rugissement de colère, un ours dérangé dans son sommeil s'extirpa de sa couche et se dressa sur ses pattes arrières en exprimant toute son indignation.
Le remue-ménage qui suivi cette terrifique apparition ne dérangea pas nos ivrognes qui ronflaient toujours. L'ours essaya bien de les bousculer, allant jusqu'à tirer la redingote de l'Elfe, mais sans succès. S'ensuivit alors une scène qui resterait marquée dans les annales de la ville : l'ours s'empara entre ses deux pattes avant d'un large seau d'eau destiné aux chevaux et, se dandinant sur ses pattes arrières, le renversa sur sa maîtresse et ses compares de beuverie.
Ainsi s'achevèrent les doux rêves aux vapeurs alcoolisées ; sous un déluge d'eau glacée.
Le nain se redressa en criant « Au secours ! Je me noie ! » Le hobbit cria « Je ne sais pas nager » Et l'Elfe poussa un cri strident, suivi d'une pléthore de jurons issus de diverses langues, tandis que l'ours se balançait en dansant, manifestement fier de lui. Dans l'assemblée, personne ne put garder son sérieux… Retombant sur ses pattes, l'ours prit alors dans sa gueule un vieux chapeau miteux qu'il présenta aux rieurs. Nombreux furent ceux qui y versèrent quelques piécettes avant de se disperser.



Assis devant un solide petit déjeuner payé avec les recettes de l'ours, nos compères mangeaient goulûment, l'ours n'étant pas le dernier.
- Alors c'est sûr, ÇaN'aRienA Suivre ? Tu pars avec ton ours ?
- J'ai envie de bouger. Et Boubou aussi.
- Ah foi de nain, tu vas nous manquer ÇaN'aRienA Suivre ! Une buveuse comme toi, ça se trouve pas sous les sabots d'un cheval !
Grommelant, que son nom n'était pas ÇaN'aRienA Suivre mais Saryanea, et que c'était pourtant pas si dur à comprendre, l'Elfe fouilla ses poches jusqu'à en extirper une blague à tabac qui s'avéra totalement et désespérément vide.
Devant son air dépité, ses comparses lui en offrirent de leurs propres réserves, et ils achevèrent leur petit déjeuner en fumant la pipe, l'air ravi.
 


PS: dédicace pour Ristaag: je suis désolée du dernier commentaire où je te disais comment gérer les espaces d'un texte, en fait c'est le forum qui les fait tout seul!! Les IA prennent le pouvoir...
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Re: Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

Message par Lleto le Sam 24 Sep - 8:49

Et un conteur de plus. Bravo pour cette petite nouvelle.

Il va falloir ouvrir une section "contes et nouvelles de la terre du milieu" si ça continue.
Et j'espère que ça va continuer.
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Re: Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

Message par Saryanea le Dim 25 Sep - 11:16

Suite de l'aventure!


Rencontre prédestinée, ou comment Saryanea rencontra Ristaag:

L'Elfe et l'ours quittèrent la ville et se dirigèrent vers la suivante, Boubou portant les bagages et Saryanea scandant un chant de marche où il était question de tabac et de dragons…
Lorsqu'ils arrivèrent à leur destination, ils s'installèrent sur la grand-place, Saryanea frappant un tambourin et ameutant le public, leur promettant un spectacle de jonglerie, bouffonnerie et démonstration des talents de l'ours.
Tandis que les badauds s'attroupaient, elle sortit plusieurs balles de son sac, jonglant de plus en plus vite tout en dansant la gigue. Ramassant ses balles sous les applaudissements, elle entreprit de faire tenir en équilibre sur son nez une baguette surmontée d'une assiette : l'ensemble oscillait dangereusement mais tenait bon, attirant d'avantage de monde et de nombreux applaudissements.
Pour le plaisir des grands et des petits, elle joua plusieurs scénettes comiques avec « Messire Boubou » avant de passer au moment tant attendu : la danse. Armée de son tambourin, elle fit danser Boubou devant l'assemblée, montrer des tours savants comme préparer le thé, ou encore compter des balles. Puis elle fit participer son public :
- Et maintenant, bonnes gens, Messire Boubou va donner cette fleur que voici à la plus belle femme ici présente !
Riant, l'on fit place à l'ours qui déambulait, la fleur dans la gueule. Une jeune fille fort bien tournée vers qui il s'avança commença de se rengorger, louant l'intelligence de la bête, de même que ses amis qui souhaitaient lui plaire. Quelle ne fut pas sa déconfiture quand l'animal lui passa sous le nez sans lui accorder un regard pour tendre la fleur à une grosse femme un peu engoncée dans sa robe et dotée d'une verrue sur la joue !
Eclatant de rire, d'aucun conspua l'ours pour son manque de goût, ou éleva son humour au rang d'art. L'animal poussa un long grognement qui calma les rires. Posant une main sur son échine, Saryanea se pencha, semblant écouter l'ours.
- Messieurs Dames, Messire Boubou me charge de vous dire qu'il ne s'est pas trompé, et que ce n'était pas moquerie.
- Tu plaisantes, l'Elfe ! La femme du boulanger, c'est la plus laide de la ville ! Et la plus grosse !
Levant la main, elle fit taire l'assemblée secouée de rire et reprit la parole.
- Messire Boubou est un ours. Et… Oui ? Pardon ? Ah, vous voulez que je traduise ! Hein ? Rhooo Messire Boubou ! Je ne peux pas traduire ça ! Que ? Bon, bon, d'accord ! Ne vous fâchez pas !
L'ours grognait et se trémoussait, paraissant réellement converser avec l'Elfe.
- Hum ! Messire Boubou dit que si votre fessard ressemble à votre tête, vous devriez avoir honte de montrer un tel spectacle aux latrines.
Des rires éclatèrent dans le public tandis que l'autre rougissait, le souffle coupé.
- Messire Boubou ajoute qu'il est un ours, et qu'il ne s'intéresse pas vraiment à vos considérations esthétiques… Ah non Messire Boubou ! Je ne dirai pas que vous vous en lécher les génitoires ! C'est répugnant ! Enfin, revenons à nos explications… Il ajoute que la dame du boulanger a été reconnue comme « la plus belle, la plus douce et la plus aimable créature de cette ville, à l'unanimité »
- Hey ! Tu délires l'Elfe ! Qui t'a raconté ça ?
- Messire Boubou dit que trente-sept oiseaux ont loué les douceurs de Madame, ainsi que sa bonté à leur égard pendant l'hiver, elle qui leur laisse toujours à manger en suffisance des miettes de pain. Neuf chiens ont déclaré qu'elle était « la plus douce, et celle qui sentait le meilleur, à la fois le lait et le pain chaud ». Et pas moins de vingt chats ont confirmé ce témoignage, ajoutant que ses genoux étaient les plus confortables de la ville.
L'Elfe avait pris un ton grave, devenant soudainement aussi sérieuse qu'elle était comique quelques instants plus tôt, laissant l'assistance muette. S'approchant de la boulangère, rouge comme une pivoine, elle posa ses mains sur ses épaules.
- Madame, Messire Boubou dit que vous êtes un coeur d'or, et s'il le dit alors c'est vérité.
Elle fit alors la bise à la boulangère, avant de laisser la place à l'ours qui l'enserra tendrement entre ses pattes avant. Puis ils reprirent leurs pitreries en élisant le plus sot de l'assemblée, comme par hasard celui qui s'était si bien moqué de la boulangère.
A la fin du spectacle, le chapeau de l'ours débordait de piécettes. Ce soir, ils feraient ripailles.


Le soir venu, Saryanea était installée dans la meilleure auberge du coin, buvant, chantant et dansant sur la table au milieu des vivats des nains, hommes et quelques hobbits présents. L'Elfe s'en donnait à coeur joie, debout sur sa table, chope en main, acclamée par l'assemblée qui, une fois de plus, avait transformé son nom en ÇaN'aRienA Suivre. Soudain, elle avisa un nain qui lui faisait signe en agitant une blague à tabac. Son visage s'illumina et elle se rua vers cette manne tendue, mais glissa sur le sol enduit de bière… Elle se voyait déjà s'étaler dans cette mare visqueuse quand une poitrine providentielle vint la sauver in extremis, s'interposant entre le sol et son nez. Elle eut un gros plan sur un visage rubicond, deux yeux brillants, des poils de barbe à foison… Un instant interdite, elle se rappela alors ce qui l'avait ainsi poussée à se jeter -littéralement- dans les bras du premier venu et récupéra la blague à tabac pour bourrer avidement sa pipe.
Le nain, un nommé Ristaag, l'invitant à boire avec lui, elle accepta. Ils causèrent un bon moment, il lui parla des Gardiens de Gundabag mais surtout de bières naines, elle lui parla de Fondcombe et des vins de la région.
-Bah tu vois -hic- y'a quarante -hic- quarante ans… J'étais à Fondcombe et je m'ennuyais. Mais en beauté ! Hic ! La harpe et les jus de fruits ça va un moment ! Et puis y'a ce vieux monsieur tout en gris, avec sa barbe et son chapeau pointu qui arrive, appuyé sur son bâton. J'lui en ai posé des questions. Au début il répondait tout gentil -hic- gentil tout plein. Puis au bout d'un moment il m'a demandé si je comptais arrêter. Ça avait l'air de l'agacer mais je comprends pas bien pourquoi. Après tout on avait commencé à causer qu'à midi…
- Et il était quelle heure à ce moment ?
- Ben je sais pas… Il faisait nuit et c'était l'été alors onze heure ? Y'avait plus grand monde…
Ristaag pouffait dans sa chope de bière, peinant à refréner son hilarité.
- Quoi ?
- De… midi… à onze heures ! Tu m'étonnes que le pauvre vieux il en ait eut assez !
- Bah en tout cas, il a finit par me dire « Mais si tu veux à ce point savoir, sors donc et va visiter le monde ! Et au passage tu pourras en profiter pour danser sur les tables en buvant de la bière et fumer la pipe ! C'est très amusant... »
- Et après ?
- Bah je suis partie. Et je suis pas rentrée depuis. Je sais pas trop comment expliquer à ma mère que j'ai passé quarante ans en ballade…
Cette fois-ci, le nain éclata de rire sans pitié. Saryanea était trop ivre pour s'en offusquer et rit avec lui.
Plus tard dans la soirée, une femme dans un manteau rose qui apparemment devait être prune de la comté, suscita un vif débat sur la couleur exact dudit manteau, débat qui se solda par une explosion de rage, des éclairs enflammés qui coursèrent le divin fournisseur en tabac, l'emmenant loin de l'Elfe dépitée, incapable de retrouver son coup de foudre constitué à cinquante pourcent d'herbe à pipe et de bière…
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Re: Saryanea Sylve, Elfe vagabonde & Thandrin le Barde

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